Don’t trip over the wire…

Don’t trip over the wire…

samedi 18 fév 2017 - 20h00 - SALLE 2

Dialogues schizophoniques avec Louis Wolfson

L. 
Ch. 
ma Mère. 
New York. 
Avec un magnétophone, le schizo veut enregistrer sa maladie. 
La maladie des mots. Parce que ça chante en yiddish dans les rues de Brooklyn pour pas se faire empoisonner l’oreille par l’anglais maternel. 
Souvenir d’Ellis Island ? 
Une prostituée pour apprendre à faire pipi comme les grands. Sinon Maman appelle l’hôpital. 
Et puis à la radio canadienne, la speakerine a une jolie voix. On gagne des brochures.
Gilles Deleuze le croit fou. 
« L’objet petit a » c’est la bouffe en conserve ; pas facile de manger avec les doigts dans les oreilles.
Les voix de l’auteur parlent français. Une cure d’étude des langues pour pas se farcir le sens ; exercice de traduction instantanée : traduire l’anglais, le piano, les ingrédients des boîtes de conserve, les cris des enfants, le silence de la bibliothèque, une chanson de Gilles Vignaud, etc.
Comme au théâtre : L. pour Louis, Ch. pour elle, rien pour maman. « Don’t trip over the wire » ; s’emmêler les micros, vociférer dans sa tête, amplifier le silence, 
Patienter.

Romain Pellet


Don’t trip over the wire est une mise en voix du texte Le Schizo et les langues de Louis Wolfson, dans lequel « l’Étudiant schizophrénique », avatar autobiographique de Wolfson, ne supporte pas l’anglais, surtout quand il sort de la bouche maternelle. New-yorkais de naissance, il met en place un système de transposition des vocables anglais en français, russe, allemand, yiddish, basé sur la proximité phonétique ou sémantique. Fragments à trois voix, Don’t trip over the wire laisse entendre la puissance créative de ce texte spontané, bancal, inventif, arborescent. Corps entravés, refus de l’incarnation : seul le rythme fait mouvement. 

Anna Schlaifer (Editions l'Imprimante 2016)

Line up

D’après Le Schizo et les langues, de Louis Wolfson (1970).
Adaptation et mise en scène par Romain Pellet.
Créée dans le cadre du « Projet Wolfson », mené par l’association LETAP, avec l’aide de Paris Sciences et Lettres.
Avec Marie Astier, Juliette Drigny et Jean Massé.

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