edito 20 décembre 2012

20/12/2012

Les Lilas, le 20 décembre 2012

Chers amis du Triton,

Ce billet est l'occasion de vous donner des nouvelles de la " saga Triton " et de vous remercier des nombreux retours qui témoignent de votre attachement et de votre soutien à l'égard de notre lieu.
Le trimestre dernier, j'exprimais combien l'alternance suscitait d'attentes sur le retour de l'enthousiasme et de la confiance. Quelques mois plus tard, ni la confiance, ni l'enthousiasme ne sont au rendez-vous et tous ceux qui, pendant 10 ans, avaient fait le dos rond en attendant le retour de l'espoir, ont aujourd'hui du mal à se redresser.
Je saluais l'engagement et le soutien de nos partenaires (Drac, Région, Département, CNV) qui ont fait confiance à notre projet en finançant 66 % du coût des travaux et des équipements de notre deuxième salle de concert, spécialement dédiée à la création et l'accueil d'artistes en résidence. Aujourd'hui, nos partenaires institutionnels reconnaissent la pertinence du projet artistique lié à l'ouverture de ce nouvel espace, mais ils n'envisagent pas d'augmenter nos subventions.
Or, dès l'ouverture de la nouvelle salle, les coûts de fonctionnement augmenteront de plus de 100000 € et nous ne pourrons pas y faire face avec nos seules recettes propres.

Nos partenaires auraient-ils financé la création d'un nouvel équipement culturel sans envisager de le doter de moyens de fonctionnement ?

Nous vivons une situation totalement schizophrénique !
En effet, nous nous consacrons depuis plusieurs mois, avec une énergie incomparable, à la construction d'un outil unique au service de la création et des musiciens, et ce avec le soutien financier de la puissance publique. Or, plus la date de fin des travaux approche, plus notre fin est proche !

Il est urgent que nos partenaires prennent conscience de cette situation insensée. Ils doivent prendre garde, sous couvert de crise mondiale, d'indifférence chronique ou de règlements de comptes locaux, à ne pas se rendre coupable de non-assistance à structure culturelle en danger !

Car en effet, sans leur soutien, nous serions confrontés à un choix insoutenable : déposer le bilan avant la fin de l'année ou, renier dès janvier l'essence même de notre projet en faisant du Triton un lieu marchand, un de ces " garages " à louer à qui voudra, sans aucune considération ni responsabilité artistique.

Le Triton occupe pourtant une place respectable parmi les lieux labellisés par le Ministère de la Culture :
- un lieu éthique et solidaire employant 18 permanents avec une échelle de salaires variant de 1 à 2
- une des 7 SMAC (Scène de Musiques Actuelles) en IDF et la seule en Seine-Saint-Denis
- une des 6 SMAC consacrée au jazz et aux musiques improvisées en France et la seule en IDF
- la SMAC jazz qui programme le plus de concerts et de résidences musicales dans tout l'hexagone
- la SMAC qui salarie le plus d'artistes en concert en France
- la SMAC qui a le plus fort taux de recettes propres (50 %) et donc le plus faible taux de subvention
- mais c'est aussi la SMAC la moins financée par la région et par sa ville en IDF

Le Triton n'a jamais été aussi fragile et vulnérable qu'aujourd'hui. Nous avons grandement besoin de tous les soutiens, de votre présence indispensable aux concerts et de votre adhésion.

Jean Pierre VIVANTE, président du Triton

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