Edito du 8 décembre 2014

08/12/2014

L’année 2014 qui s’achève a été pour le Triton une année déterminante, faite d’avancées et de mises au point cruciales. Avec l’ouverture de notre seconde salle, c’est la vie du lieu dans son ensemble qui s’en est trouvée métamorphosée. En nous engageant à contre-courant face à la morosité ambiante, en ouvrant un nouvel espace de création, à l’heure où la plupart des lieux culturels luttaient pour ne pas mettre la clé sous la porte, en ne nous résignant pas à réduire la voilure, mais au contraire, en œuvrant sans relâche au développement de notre utopique projet, nous pouvons désormais être fiers de présenter un bilan 2014 qui parle de lui-même : 200 concerts, 100 captations vidéo, 100 jours de résidence, 40 créations, 30 salariés permanents…

N’ayant pas obtenu tous les soutiens institutionnels que nous étions en droit d’attendre cette année, l’équipe du Triton a déployé une énergie considérable et l’explosion de l’attractivité de notre lieu a permis d’enregistrer une forte avancée de nos recettes propres. Grâce à cela, l’exercice 2014 devrait, contre toute attente, être équilibré.

Bien que renforcés par les fruits de notre volontarisme, à l’aune de 2015, nous ne pouvons néanmoins masquer nos inquiétudes dans un contexte politique et institutionnel en pleine mutation. Quels seront demain les rôles respectifs de l’Etat et de la Région ? Qu’adviendra-t-il de notre principale tutelle, le département de la Seine-Saint-Denis ? Quelle place pour Est Ensemble au sein du Grand Paris ? Que pouvons-nous attendre de cette collectivité qui, à sa création en 2010, était censée relayer et amplifier le soutien de la ville et du département et qui, à ce jour, ne siège toujours pas à la table des partenaires finançant le fonctionnement du Triton ?

A cette liste de questions anxiogènes s’ajoute celle suscitée par l’ouverture de la Philharmonie de Paris. 
Au Triton, contrairement à certains de nos confrères, nous ne figurons pas dans le camp de la peur et du repli sur soi. Au contraire, nous sommes convaincus que l’ouverture de ce « mastodonte » peut et doit être un coche historique à ne pas rater. C’est l’occasion tant attendue de faire entendre nos convictions et de contribuer au nécessaire rapprochement des musiques savantes et populaires, l’occasion unique de construire un pont solide entre toutes les formes d’expressions musicales, innovantes et exigeantes, de faire comprendre l’urgence d’un rééquilibrage indispensable des soutiens institutionnels au profit des musiques actuelles. C’est pourquoi, nous sommes dès à présent force de proposition en nous inscrivant dans une démarche de partenariat créatif avec la Philharmonie de Paris.

A côté de cela, 2015 sera, pour le Triton, une nouvelle année de changements et de modernisation, marquée par la concrétisation de nouveaux chantiers, actuellement en cours, tels que :

  • la refonte totale de notre site Internet intégrant une boutique en ligne et une Web TV permettant la retransmission de concerts live en streaming
  • le redéploiement du label avec une quinzaine de CD à paraître sur la collection « live au Triton ».

Enfin, nous poursuivrons notre action de compagnonnage artistique et de soutien à la création, comme en attestent les principaux temps forts (résidences pédagogiques, de création ou d’implantation, cartes blanches, festivals, rencontres) développés dans la brochure ci-jointe.

Espérant que cette programmation recueillera votre enthousiasme, je m'associe à toute l'équipe du Triton pour vous assurer du plaisir que nous aurons à vous accueillir prochainement.

Je vous souhaite de bonnes fêtes et une excellente année 2015 en vous offrant cette petite perle d’actualité : il s’agit de la célèbre réponse que fit Winston Churchill lorsqu’on lui demanda de couper dans le budget des arts en faveur de l’effort de guerre : « Mais alors pourquoi nous battons-nous ? »

 

Jean Pierre VIVANTE, président du Triton

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